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Quel statut juridique choisir pour ouvrir ou reprendre une pharmacie ?

Facturation Electronique : Êtes-vous concerné ?

⏲️ Temps de lecture : 5 min | 13/07/2026

Ouvrir ou reprendre une pharmacie ne se résume pas à trouver le bon emplacement, négocier un financement ou constituer son équipe. Avant même le premier jour d’exploitation, un choix structurant s’impose : Le statut juridique de l’officine. Derrière cette décision se cachent des enjeux majeurs : Responsabilité du pharmacien, fiscalité, association, transmission, capacité d’emprunt et organisation du patrimoine professionnel. Une pharmacie reste une entreprise commerciale avec ses obligations comptables, mais elle exerce aussi une activité réglementée, soumise à l’inscription et au contrôle de l’Ordre des pharmaciens.

Les statuts possibles pour exploiter une pharmacie

Une officine peut être exploitée sous plusieurs formes juridiques. Le formulaire de déclaration d’exploitation de l’Ordre des Pharmaciens mentionne notamment : Entreprise individuelle, SNC, SARL, EURL, SELARL, SELEURL, SELAS, SELASU, SELAFA et SELCA.

Toutes ces formes ne sont toutefois pas utilisées avec la même fréquence. Certaines répondent à des projets très spécifiques, tandis que d’autres sont devenues des standards pour les pharmaciens titulaires. En pratique, le choix s’oriente souvent vers une société d’exercice libéral, notamment la SELARL ou la SELAS, car ces structures sont conçues pour les professions libérales réglementées.

L’entreprise individuelle : Simple, mais limitée

L’entreprise individuelle peut sembler attractive au premier abord : Elle est plus simple à mettre en place et ne nécessite pas la création d’une société. Le pharmacien exploite alors directement l’officine en son nom propre. Fiscalement, le résultat est généralement imposé dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, puis intégré à l’impôt sur le revenu du foyer fiscal.

Mais cette simplicité a ses limites. Le développement d’une pharmacie nécessite souvent des investissements importants : Achat du fonds, travaux, stock, matériel informatique, financement bancaire. L’entreprise individuelle offre moins de souplesse pour s’associer, organiser une transmission ou faire entrer progressivement un autre pharmacien au capital. Elle est donc aujourd’hui moins adaptée à la majorité des projets de reprise ou de développement d’officine.

La SELARL : Forme de référence pour beaucoup

La SELARL, société d’exercice libéra à responsabilité limitée, est l’une des formes les plus courantes pour exercer en pharmacie. Elle permet à des professionnels réglementées d’exercer sous forme de sociétés de capitaux, avec un fonctionnement proche de celui d’une SARL. Sa responsabilité est en principe limitée aux apports, ce qui constitue un avantage important pour protéger le patrimoine personnel du pharmacien.

Elle est aussi appréciée pour son cadre relativement stable et lisible. Elle convient bien aux projets portés par un pharmacien seul, via une SELARL unipersonnelle, ou par plusieurs associés. Elle permet de distinguer la société, qui exploite l’officine, du pharmacien associé, qui perçoit une rémunération et éventuellement des dividendes.

Attention toutefois : la SELARL de pharmacie reste encadrée. Elle doit respecter les règles propres aux sociétés d’exercice libéral de pharmaciens d’officine, notamment l’inscription au tableau de l’Ordre. Le Code de la Santé Publique précise que la SEL de pharmaciens d’officine est constituée sous condition suspensive de cette inscription.

La SELAS : Plus souple, mais à manier avec précision

La SELAS, société d’exercice libéral par actions simplifiée, fonctionne sur une logique proche de la SAS. Elle offre davantage de souplesse dans la rédaction des statuts, la gouvernance et l’organisation entre associés. Elle peut donc être intéressante dans des projets plus complexes : Association entre plusieurs pharmaciens, entrée progressive d’un associé, développement de plusieurs structures ou organisation d’une transmission.

Cette liberté demande toutefois une rédaction très rigoureuse des statuts et, le cas échéant, d’un pacte associés. Dans une profession réglementée, la souplesse juridique ne doit jamais remettre en cause l’indépendance professionnelle du pharmacien. L’Ordre rappelle que le pharmacien ne peut aliéner son indépendance et doit préserver sa liberté de jugement dans l’exercice de ses fonctions.

Les autres formes : Possibles, mais moins fréquentes

La SNC, la SARL ou l’EURL peuvent également être utilisées pour exploiter une officine. Elles figurent parmi les formes reconnues dans les démarches d’exploitation auprès de l’Ordre des Pharmaciens.

La SNC peut notamment présenter un intérêt dans certains montages historiques ou familiaux, mais elle implique une responsabilité plus lourde des associés. La SARL et l’EURL peuvent offrir un cadre connu, mais elles sont aujourd’hui souvent concurrencées par les SEL, mieux adaptées à l’exercice des professions libérales réglementées. Quant à la SELAFA et à la SELCA, elles existent juridiquement, mais restent plus rares en pratique pour des officines classiques.

La SPFPL : Une holding, pas une officine

La SPFPL, société de participations financières de professions libérales, mérite une attention particulière. Contrairement à une SELARL ou une SELAS, elle n’a pas vocation à exploiter directement l’officine. Elle sert plutôt une holding pour détenir des parts ou actions d’une ou plusieurs sociétés d’exercice libéral.

Son intérêt apparaît surtout lors d’une acquisition, d’une association ou d’une transmission. Elle peut faciliter la structuration financière d’un projet, organiser la détention du capital ou préparer l’entrée progressive d’un pharmacien adjoint. Mais elle suppose un montage juridique et fiscal précis, qui doit être étudié en amont avec un expert-comptable et un conseil juridique.

Voici un schéma reprenant les statuts principaux évoqués :

Choix Statut Juridique des Pharmacies

Un point fiscal à ne pas négliger depuis 2024

Depuis les revenus perçus en 2024, les rémunérations versées aux associés de SEL au titre de leur activité libérale sont en principe imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, et non plus comme des traitements et salaires. Les associés concernés doivent notamment déposer une déclaration de résultat n°2035-SD.

Ce changement rend le choix du statut encore plus stratégique. La fiscalité du pharmacien ne dépend pas seulement de la forme juridique choisie, mais aussi de la manière dont il se rémunère, de la présence d’associés, du niveau de bénéfice, des dividendes éventuels et des objectifs patrimoniaux.

Conclusion

Il n’existe pas de statut juridique universel pour une pharmacie. L’entreprise individuelle peut convenir à des situations simples, mais elle montre vite ses limites. La SELARL reste une solution très utilisée pour sa stabilité et sa lisibilité. La SELAS offre davantage de souplesse, notamment dans les projets d’association. La SPFPL, elle, devient pertinente lorsqu’il faut structurer une acquisition, organiser une transmission ou optimiser la détention du capital.

Le bon choix dépend donc du projet : Création ou reprise, nombre d’associés, financement, fiscalité, protection du patrimoine et stratégie à long terme. Avant de signer les statuts, mieux vaut se faire accompagner afin de construire une structure cohérente dès le départ.

FAQ

Le choix du statut influence la fiscalité, la responsabilité du pharmacien, les modalités d’association, le financement et la transmission de l’officine. Depuis les revenus perçus en 2024, les rémunérations des associés de SEL au titre de leur activité libérale sont en principe imposées en BNC, avec de nouvelles obligations déclaratives, ce qui renforce l’intérêt d’un accompagnement expert-comptable et juridique.
Oui, car le statut juridique influence directement la manière dont le projet sera présenté à la banque : Structure d’exploitation, niveau d’endettement, organisation du capital, présence ou non d’associés, et possibilité de passer par une holding. Pour une reprise d’officine, il est donc préférable d’arbitrer assez tôt entre entreprise individuelle SELARL, SELAS ou montage avec SPFPL.

Oui, un changement de mode d’exploitation est possible, par exemple pour passer d’une entreprise individuelle à une société ou pour transformer une structure existante. En revanche, cette opération doit être anticipée, car elle peut avoir des conséquences fiscales, sociales, juridiques et ordinales. Elle nécessite aussi une mise à jour des statuts, des formalités auprès du greffe et une information de l’Ordre des pharmaciens.

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